13 juin 2009
Qui a peur de la littérature ado ?
Tel est le titre du livre d'Annie Rolland, psychologue clinicienne et enseignante à l'université d'Angers, publié en 2008 chez Thierry Magnier. C'est également l'intitulé de la rencontre-débat à laquelle j'ai participé le mercredi 3 juin à Poitiers, rencontre entre d'un coté des professeurs documentalistes et des bibliothécaires et de l'autre Annie Rolland et l'éditeur Thierry Magnier.
L'édition Thierry Magnier a été créée en 1998 et s'est principalement spécialisé dans la littérature pour ado traitant des sujets de société et d'actualité, abordant des sujets graves tels que le viol, la violence, le suicide, le mal-être adolescent, la drogu etc.. Depuis, il a repris Actes Sud Junior et les éditions du Rouergue. Il a fait l'objet de quelques "attaques". Le livre de Gudule L'amour en chaussette, évoquant la première expérience sexuelle, a été censuré dans certains établissements scolaires. De plus, la commission du ministère de la justice, chargée de l'application de la loi de 1949 sur les publications destinées à la jeunesse, a demandé à ce que deux livres de la collection "D'une seule voix", dont Quand les trains passent de Malin Lindroth portant sur un viol, soient interdits aux moins de 15 ans, ces livres pouvant être considérés comme des justification du viol. Ensuite, un article du Monde du 30 novembre 2007 intitulé "Un âge vraiment pas tendre" dénonce sévérement le caractère "malsain" de la littérature pour ado.
Ce genre de réactions face à littérature pour ado a amené la psychologue Annie Rolland à s'interroger sur la dangerosité de ce type de littérature. En réalité, elle conclut que cette littérature fait plus peur aux adultes qu'aux ados, les adultes ayant dans ce cas tendance à confondre réel et imaginaire. La psychologue explique que ces romans pour ados "mettent en scène une dramaturgie au service de l'élaboration des pulsions", les ados y trouvent le matériel verbal pour mettre en scènel eur "dramaturgie intime". Il est important de pouvoir donner une forme pensée aux émotions afin de les transformer en sentiments qu'on peut exprimer, ce sont les émotions non exprimées qui peuvent devenir violentes. Il est notamment important de fanstamer la violence.
Ils ont terminé leur intervention en précisant que la littérature ado n'entraine pas les déviances mais qu'au contraire ce sont les violences adolescentes qui l'inspirent, elle ne fait que mettre en mots la violence avec laquelle tous les ados sont en prise. Ils concluent sur la phrase "on est pas auteur d'un acte criminel (pour s'opposer aux accusation d'incitation à la violence, à la consommation de drogue, etc.) mais d'une lecture".
J'ai essayé de retranscrire ce qui avait été dit lors de cette rencontre. Désolée si certains points ne sont pas clairs. N'hésitez pas à me poser des questions complémentaires.
Il me paraissait intéressant de mentionner la réflexion de cette psychologue pouvant justifier la précense de romans pour ados aux thèmes difficiles dans nos cdi.
